Il présente une hallucinante galerie de portraits de tortionnaires et de victimes qui rappellent les horreurs de l'holocauste, mais valent aussi pour toutes les tyrannies.
Autrichien, Gottfried Helnwein l'est totalement, viscéralement, en s'inscrivant dans le droit fil du mouvement expressionniste du «Wiener Aktionismus» des années septante qui pratiquait une peinture hyperréaliste très dramatisée, des «happenings» violemment provoquants et des auto-mises en scène souvent sanglantes.

Malgré une virtuosité de peintre éblouissante, Helnwein a progressivement abandonné la peinture au profit de la photographie. En moraliste écorché que les horreurs du passé obsèdent et que les atrocités du présent taraudent sans lui laisser de répit, HeInwein a éprouvé le besoin de toucher la plus large audience possible. En tant que moyen de reproduction de masse, la photo lui a semblé une arme plus efficace pour toucher en plein cur de la conscience collective avec son théâtre de la cruauté. Certaines de ses images, terrifiantes et superbes, sont presque insoutenables.

Berne, Chalet Muri, jusqu'au 29 septembre.
Bâle, Galerie Liliane Andrée, jusqu'au 6 octobre.
Lausanne, Musée de l'Elysée, jusqu'au 21 octobre.